
Photographe en Ille-et-Vilaine, Antonin Mahévas s’intéresse particulièrement aux procédés alternatifs et aux expérimentations tels que les expositions multiples ou les sténopés. Son travail se concentre sur les thèmes du portrait et du paysage en essayant de perturber la perception et de changer les représentations.
Opérant d’abord sur le pavé Rennais puis dans la campagne Vitréenne, il est autodidacte dans sa pratique artistique. Son regard se souvient de la lumière rouge qui brillait dans la cave de la maison familiale, sanctuaire où la lumière comptait autant que l’obscurité, de l'odeur de l’hydroquinone et du thiosulfate d’ammonium, des photons ionisant les particules d’halogénure d’argent maculant le papier, des négatifs Ilford HP5 shootés au Canon AE1 amassés sur l’établi en bois, de la cuve Paterson séchant à la renverse et de la vieille radio Grundig des années 70 diffusant Yellow Submarine.
Des tréfonds de cette chambre noire installée à la cave, la flamme de la photographie était née. Nous avons peine à nous souvenir de cette époque pourtant pas si lointaine, les années 90, où tout n’était encore qu’analogique, où les chiffres 0 et 1 n’avaient pas encore éclipsé le réel et plongé le monde dans l’individualisme ou l’indifférence, où les photos, démultipliées à l’infini, n'étaient pas encore devenues captives des disques durs. Il y avait ici l’idée d’une rencontre avec la matière, il y avait l’artisanat des ombres et du papier, des boites à lumière façonnées à la mains, de l'image latente sur la gélatine argentique.
La pratique artistique d’Antonin consista à réconcilier les époques, à rompre le divorce, à allier l’authenticité et l’artisanat de l’argentique avec les nouveaux outils modernes du numérique, dépoussiérant ainsi de vieux clous photographiques, utilisant des techniques alternatives d’expérimentation photographique. De nouveau, le temps s’écoulait, se distordait, s’allongeait, s'imprimait sur le papier photosensible, délivrant soudain des images d’un passé révolu, comme des clignements de paupières qui oscilleraient entre réalité et songe.
A photographer based in Ille-et-Vilaine, Antonin Mahévas is particularly interested in alternative processes and experiments such as multiple exposures and pinhole cameras. His work focuses on the themes of portraiture and landscape, attempting to disrupt perception and change representations.
Working first in the streets of Rennes and then in the countryside around Vitré, he is self-taught in his artistic practice. His gaze recalls the red light that shone in the cellar of his family home, a sanctuary where light was as important as darkness, the smell of hydroquinone and ammonium thiosulfate, the photons ionizing the silver halide particles staining the paper, the Ilford HP5 negatives shot with a Canon AE1 piled up on the wooden workbench, the Paterson tank drying upside down, and the old 1970s Grundig radio playing Yellow Submarine.
From the depths of this darkroom set up in the basement, the flame of photography was born. We struggle to remember that time, yet it was not so long ago, the 1990s, when everything was still analog, when the numbers 0 and 1 had not yet eclipsed reality and plunged the world into individualism or indifference, when photos, multiplied ad infinitum, had not yet become captive to hard drives. There was the idea of an encounter with the material, there was the craftsmanship of shadows and paper, light boxes shaped by hand.
Antonin’s artistic practice consisted of reconciling eras, breaking the divorce, combining authenticity and craftsmanship of argentic with new modern digital tools, thus dusting off old photographic nails, using alternative techniques of photographic experimentation. Once again, time was elapsing, distorting, lengthening, imprinting itself on the photosensitive paper, suddenly delivering images of a bygone past, like blinking eyelids that would oscillate between reality and dream.
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